dimanche 31 mai 2009

Température du 31 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Chat et soleil


Le Chat et le soleil

Le chat ouvrit les yeux
Le soleil y entra
Le chat ferma les yeux
Le soleil y resta
Voilà pourquoi le soir
quand le chat se réveille
J'aperçois dans le noir
deux morceaux de soleil

samedi 30 mai 2009

Température du 30 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

La Peste pétrolière même à Venise

La peste pétrolière, qui enlaidit (et empuantit) déjà trop la belle Venise (vaporetti, yatchs, etc.), et que des voitures amphibies de ce genre, conduites par de riches inconscients (des partisans de Bush indéniablement), menacent d'étendre criminellement comme ci-dessus, sera bientôt guérie par le tarissement des puits.
Trois fois hourra !

Et que coulent ces inconscients !
Et que tout le pétrole du monde se transforme en mélasse !

Le Premier Peuple ayant tout entier parlé français

Dans un compte rendu (ici) de l'ouvrage «Les Réfugiés acadiens en France» de Jean-François Mouhot (historien français) publié aujourd'hui dans le journal «Le Devoir» par Michel Lapierre, une autre confirmation du fait que c'est en Nouvelle-France que la français a été, pour la première fois de l'histoire, la langue commune de tous les habitants, nobles ou manants, la langue de tout le peuple, alors qu'en France à peu près seuls les nobles, les ecclésiastiques et la riche bourgeoisie le parlaient.
Le droit d'aînesse n'est peut-être pas aboli en ce qui concerne la langue.

vendredi 29 mai 2009

Température du 29 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Découverte: des toilettes turques

Ce sont des toilettes turques «moyennes»:
certaines sont plus propres, certaines sont plus sales.


Gros choc culturel en arrivant en France en 1970: des toilettes turques dans certains établissements.
On nous en avait parlé (nos amis, étudiants à Strasbourg depuis l'année précédente) mais nous n'en avions jamais vu, nos amis ayant négligé d'en prendre des photos.
Il faut dire que les lieux où ces «utilités» se trouvent sont toujours un peu sombres et, à l'époque, il fallait utiliser le papier argentique pour les photos.
On réservait celles-ci pour de beaux paysages ou pour «se faire le portrait», si je puis dire.
Comment utiliser ces toilettes? Quelle position y prendre pour ne pas risquer de se salir? Comment viser juste et que faire si on n'a pas réussi?
Elles disparaissent peu à peu comme nous avons pu le constater dans nos voyages ultérieurs et ne se sont jamais établies en Amérique, nous privant ainsi de connaissances éventuellement utiles.
Et comme on l'explique en anglais , la position d'accroupissement qu'elles nous obligeaient à prendre (voir ci-dessous) est pleine de bénéfices pour la santé (il y en a 7: par exemple, elle nous évite la «stagnation fécale» propice au cancer du côlon et à l'appendicite, protège les nerfs qui commandent la prostate, la vessie et l'utérus, etc.).
Peut-être sont-elles une solution d'avenir pour la prévention des maladies et des déficits des systèmes de santé.


Naturellement il vaut mieux ne pas avoir de vêtements
pour utiliser les
toilettes turques.

Et voici un petit poème que quelqu'un d'inspiré (ou de constipé (?) puisqu'il semble avoir «joui» d'un peu de temps pour le faire) aurait inscrit sur la porte d'un lieu d'aisance (et puisque lunette il y avait, il ne s'agissait pas hélas (?) d'une toilette turque):

Dans ce lieu peu agréable
Mais pourtant indispensable,
Tenez-vous comme à table.
Faites que la lunette
Ressemble à votre assiette
Et qu'il n'y reste aucune miette
Car c'est ici que tombent en ruines
Avec odeur et triste mine,
Les restes de la cuisine.


Dieu-chat

Le petit dieu, comme son dieu créateur,
somnole au moins 16 heures sur 24.
Ce qui n'est pas grave quand il s'agit
du petit l'est vraiment beaucoup
quand il s'agit du créateur (s'il existe),
comme on peut
le constater par la marche de la nature.

Voici un petit poème qui nous apprend la vérité sur l'ordre des choses:

Au commencement, Dieu créa le chat à son image.
Et bien entendu, il trouva que c'était bien.
Et c'était bien d'ailleurs.

Mais le chat était paresseux.
Il ne voulait rien faire.
Alors, plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa l'homme.
Uniquement dans le but de servir le chat,
De lui servir d'esclave jusqu'à la fin des temps.

Au chat, il avait donné l'indolence et la lucidité;
À l'homme, il donna la névrose, le don du bricolage et la passion du travail.
L'homme s'en donna à cœur joie.
Au cours des siècles, il édifia toute une civilisation basée sur l'invention,
La production et la consommation intensive.

Civilisation qui n'avait en réalité qu'un seul but secret:
Offrir au chat le confort, le gîte et le couvert.

jeudi 28 mai 2009

Température du 28 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Petit électeur, gros élu

(Crédits photo: Kacper Pempel/Reuters)

On dit que cette affiche électorale commémore l'élection de 1989 en Pologne, celle où Solidarność a été élu, en prélude à la fin du régime communiste dans ce pays.
Mais ce qui attire surtout mon attention dans cette photo c'est la taille du petit homme et celle, immense, du candidat du syndicat.
Il me semble y lire la disproportion entre l'électeur et l'élu dans n'importe laquelle démocratie.
Vous voyez l'«importance» de l'électeur obligé de jouer au saltimbanque pendant que l'ogre élu ne remplit pas les promesses qu'il a faites pour être élu ou a la tête ailleurs (il a la tête d'un shériff de l'Ouest étatsunien).
Démocratie occidentale ou démocratie populaire, seule l'idéologie des partis diffère quand il y a élection (ce qui arrive rarement dans les régimes à parti unique, je vous l'accorde), les élus se ressemblent étrangement dans le mépris de l'électeur.

mercredi 27 mai 2009

Température du 27 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Couleurs violentes et fragile fil blanc

Crédits photo: Alain Roberge/La Presse

Cette photo -si belle- d'un numéro d'équilibrisme sur fil mou tiré d'OVO, le nouveau spectacle du Cirque du Soleil, présenté à l'heure actuelle à Montréal en première mondiale (on en parle ), est aussi représentative de la fragilité de l'esprit (le fil qui supporte le monocycle) face à la violence (colorée à l'arrière-plan) du monde.

La montagne, la muraille et l'esprit d'Athènes

Cette vue de l'Acropole me semble une bonne représentation de la structure profonde de la culture et de la civilisation.
Que cette photo soit celle d'éléments provenant presque tous de l'Antiquité et d'Athènes, là où la pensée laïque, sans nécessité divine, est née, n'est pas innocent.
En bas de la forteresse, la nature représentée par le roc qui affleure du sol et qui ondule fixement selon les hasards des évènements naturels qui l'ont formé.

La nature est également représentée, me semble-t-il, par le mont Lycabette à l'arrière-plan, à peine civilisé dans la sauvagerie de son roc et de sa forêt: il surplombe l'Acropole et la menace, pour ainsi dire, de manière permanente. La nature a toujours une catastrophe en réserve pour l'esprit.
Au-dessus du roc de l'
Acropole, une muraille, qui semble sortir du roc mais de manière ordonnée, comme si elle civilisait celui-ci pour s'y appuyer et mieux protéger ce qu'elle enserre. Elle emprunt son matériau au roc.
C'est la partie pensée du roc.
Protégée par la muraille et la surplombant, le temple.
Le temple d'Athéna.
La déesse ou la ville qui a pris son nom?
Si c'est la déesse, c'est la déesse de la raison, de l'intellect, de la sagesse.
Si on la définit comme une déesse ce n'est pas pour la diviniser mais pour signifier que la vie de l'esprit est supérieure à tout.

Et la statue de la déesse a heureusement disparu. Ne reste plus que son attribut invisible et divin, la Raison.
Si c'est à la ville que le temple est dédié ce n'est pas à la ville moderne (quel désordre y règne, in-spirituel!) mais à l'
Athènes antique, là où la réflexion philosophique et scientifique a tracé ses premières lettres en s'arrachant à la superstition et au fanatisme.
La fragilité de l'esprit et sa miraculeuse survie sont représentées par les blessures du temple, qui reçoit seul la lumière du soleil et seul la reflète.
Voici deux paragraphes (choisis par moi parmi plusieurs) de cette «Prière sur l'Acropole» qu'Ernest Renan -dont le style est si geignard par ailleurs mais parfaitement adapté ici- adressait à la déesse en 1883:


Ô noblesse ! ô beauté simple et vraie ! déesse dont le culte signifie raison et sagesse, toi dont le temple est une leçon éternelle de conscience et de sincérité, j'arrive tard au seuil de tes mystères ; j'apporte à ton autel beaucoup de remords. Pour te trouver, il m'a fallu des recherches infinies. L'initiation que tu conférais à l'Athénien naissant par un sourire, je l'ai conquise à force de réflexions, au prix de longs efforts.
(...)
Le monde ne sera sauvé qu'en revenant à toi, en répudiant ses attaches barbares. Courons, venons en troupe. Quel beau jour que celui où toutes les villes qui ont pris des débris de ton temple, Venise, Paris, Londres, Copenhague, répareront leurs larcins, formeront des théories sacrées pour rapporter les débris qu'elles possèdent, en disant : «Pardonne-nous, déesse ! c'était pour les sauver des mauvais génies de la nuit», et rebâtiront tes murs au son de la flûte, pour expier le crime de l'infâme
Lysandre!
(...)

mardi 26 mai 2009

Température du 26 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Champagnes

Jolies bulles de capsules de bouchons de champagne, n'est-ce pas? Lequel (ou lesquels, ne soyons pas trop snobs) vous n'avez pas bu(s)?

Les Bonnes Choses dans les mains des mauvaises personnes

On en rit, on en rit énormément (c'est la deuxième fois que j'affiche dans ce blogue une tête atteinte de calvitie avec un tatouage identique), mais le rire est toujours un peu jaune.
Bien sûr, il y en a qui ont réussi à faire contre mauvaise fortune belle tête en se rasant complètement le crâne et en découvrant au monde une tête régulière qui met en évidence de beaux sourcils, un beau front, des beaux yeux, que sais-je?
Mais une belle tête n'est pas donnée à tous.
Sans compter le reste, bien rare aussi.

Alors quand une nouvelle comme celle-ci


nous fait le bonheur d'apparaître sur notre écran (ou même sur la page de notre journal) on ne peut s'empêcher de se réjouir, même si dans l'article (un clic ici pour y être) de Libération, la chercheuse auteur de la découverte, Yumiko Saga, avoue ne pas avoir de projet concret de recherche en vue de mettre au point un traitement anticalvitie.
J'imagine qu'un chercheur chauve ou au moins menacé de calvitie aurait mieux appréhendé l'urgence de cette recherche qu'une chercheuse.

On dirait que les bonnes choses «tombent» toujours dans les mains des mauvaises personnes.

Ce crâne met beaucoup d'espoir
dans la recherche anticalvitie.


Et puisque, en filigrane, il est question de cela (pourquoi des cheveux sinon pour plaire et être aimé pour ceux qui ne peuvent l'être qu'avec des cheveux?), voici des vers de Pierre Corneille, dans sa vieillesse (et il était chauve, on peut le voir même s'il est toujours représenté avec un couvre-chef), amoureux d'une jeune actrice -Marquise du Parc- qui préférait des amants plus jeunes et plus beaux (Jean Racine, par exemple, qui portait perruque pourtant) à un quelconque grand auteur, malgré les menaces de chantage de la part de celui-ci. Voyez:

Stances à Marquise

Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront:
Il saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits:
On m'a vu ce que vous êtes;
Vous serez ce que je suis.

Cependant j'ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n'avoir pas trop d'alarmes
De ces ravages du temps.

Vous en avez qu'on adore;
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.

Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu'il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle,
Où j'aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise;
Quoiqu'un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu'on le courtise
Quand il est fait comme moi.

lundi 25 mai 2009

Température du 25 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

La Révélation fiscale et la peste sur le monde

(Cliquez le titre pour atteindre l'article du Monde
où l'on traite de ce procès
)


Les religions qui se disent révélées ne prennent pas leurs sources dans un message divin, évidemment.
Peut-être dans des accès de fièvre de prétendus prophètes ou des disciples du prophète.
Ou dans le besoin de satisfaction de certains intérêts politiques, économiques ou sentimentaux.
La prolifération des soi-disant «églises» aux États-Unis, quant à elle, ne prend pas non plus sa source dans des révélations divines.
Plutôt dans les lois fiscales de ce pays.
Qui sont favorables à cette prolifération, en exonérant d'impôt le premier prophète (évidemment charlatan) auto-proclamé venu, ainsi que les revenus de l'«église» qu'il met sur pied, comme une industrie ou un commerce.
Et de là, comme dans les sciences médicales et de la psyché, la peste dont parlait Freud, mais prenant un chemin inverse de celle dont il parlait, se répand sur le monde.
Qui doit à tout prix résister, comme à toute maladie.
Le bien, ici, sort cependant du mal, comme toujours, car ce qui est révélé dans ce processus c'est le processus qui a présidé à la mise sur pied de toutes les religions (qui sont toutes des sectes ou des «pompes à phynance» selon l'expression d'Alfred Jarry).


Chasseurs en flagrant délit

Ce qu'ils tiennent ressemble à des appareils-photo, mais comme ils chassent des proies que, pour vivre, ils vendront au plus offrant, ce sont plutôt des mitraillettes.
Leurs victimes ne seront dévorées que par des midinettes et leurs parents.
Mais voyez tout le sang sage qui les environne.

Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare.



dimanche 24 mai 2009

Température du 24 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Petite histoire d'une libération

Excellent compte rendu* (ici) de ce livre « Petite Histoire de la masturbation » dans la revue électronique Slate (version française).
Où l'on apprend dans l'introduction qu'il vaudrait mieux appeler cette pratique universelle « caresse intime » ou « caresse » tout court car il est plus facile d'avouer que l'on se « caresse » souvent que d'avouer que l'on se « masturbe ».
Vous en conviendrez avec l'auteur et avec moi.
Où l'on apprend aussi que la répression de cette pratique, de cette « caresse », est une autre forme du «côté obscur» des Lumières, dont j'ai déjà évoqué une forme aussi meurtrière quand j'ai parlé de la Terreur sous la Révolution de 1789 en France.
Dans le compte rendu, il est esquissé une généalogie de cette répression: du fanatisme catholique à sa condensation dans le calvinisme (qu'on tente de réhabiliter ces temps-ci dans la personne de Calvin mais qui est toujours aussi haïssable) et le puritanisme (l'ennemi de l'art et de la vie terrestre)** jusqu'à l'universelle hypocrisie victorienne, prussienne, napoléon-troisième, etc., du 19e siècle.
Cela a donné les psychopathies nazies et bolchéviques.
Vive la liberté des « caresses ».
(Le compte rendu présente une très belle gravure japonaise de «caresse» féminine que je vous laisse le soin d'aller voir -ici encore : mon nom est légion et je suis le tentateur de la liberté).


* Son titre (très significatif) : « Entre l’ange et le démon : la masturbation. Comment la médecine a diabolisé cette pratique avant d’y avoir recours pour donner la vie ».

** Jean-Jacques Rousseau -qui avait des pulsions masochistes évidentes et des remords- a approuvé cette répression. Quand l'expulsera-t-on du Panthéon, il est responsable de tant de morts? À moins que pour manifester leur désapprobation, les visiteurs du monument ne se «caressent» sur sa tombe et lui fassent l'outrage de leur plaisir (un équivalent en réel du « J'irai cracher sur vos tombes » de Boris Vian).

Révéler sans en avoir l'air

Cette photo (empruntée à Wikipédia) représente la colonnade de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts à Montréal.
Elle est prise de la terrasse de l'hôtel Hyatt Regency (anciennement Le Méridien) en face (très jolie photo de l'hôtel au bout du lien -voyez-là en bas de cette note car je ne puis résister à la tentation de vous la présenter).
Juste en bas de la colonnade vous remarquez peut-être ce qui semble être un tube de verre de la forme d'un canon qui sort du sol et pointe vers la salle de spectacle (cliquez la photo pour mieux voir).
Ce n'est pas un canon: c'est une œuvre d'art qui s'intitule «
L'artiste est celui qui fait voir l'autre côté des choses». Elle est de Claude Bettinger.
Je vous la présente à cause de son titre qui me semble fort véridique et parce que j'ai envie de le compléter par «sans en avoir l'air».

Révéler sans en avoir l'air.
L'œuvre de Claude Bettinger a l'air simplement de quelque chose de décoratif. Elle n'a pas l'air d'observer.

Mais elle le fait.
Comme chacun des tableaux que vous croyez observer dans un musée ou une galerie d'art et qui vous observe.
Ou comme ce livre que vous croyez lire et qui vous lit.
Voici d'autre photos de «
L'artiste est celui qui fait voir l'autre côté des choses».

L'œuvre vue à partir de la colonnade. Le bâtiment à l'arrière
est l'hôtel de la terrasse duquel la photo d'ensemble
du haut de cette note a été prise
.

L'œuvre à l'intérieur, au plafond
de la salle des pas perdus de la Place.

Ce qu'on voit de la colonnade
de la
salle Wilfrid-Pelletier
de l'œil de l'œuvre (dans les deux dernières photos).

La silhouette de l'artiste (mort en 1998) esquissée
à l'intérieur de l'œuvre même
dans une opération complexe d'imbrication réciproque
que j'appelle habituellement «mise en abyme».

L'hôtel Hyatt Regency de Montréal. Autour d'elle
le Complexe Desjardins qui fait face à la
Place des Arts.
Cette photo nocturne exalte ces bâtiments.

samedi 23 mai 2009

Température du 23 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

La Cupidité et l'avarice ou le désir de se sauver seul


Épicure dont la philosophie n'est pas
une philosophie du plaisir comme on le croit.

Dans « Voyage à Rome » dont j'ai déjà parlé (ici), Pierre Grimal évoque les théories épicuriennes (dans le sens philosophique ancien, pas dans le sens erroné que nous donnons à ce mot) du poète Horace dans « Les Odes romaines » à propos de la richesse, du désir de la richesse et de l'enrichissement à Rome, et l'on croit reconnaître, dans Rome, les sociétés occidentales, et particulièrement les États-Unis, dans leur idéologie, dans leur fonctionnement social interne, dans leur attitude à l'égard des pays non développés, et dans le comportement de leurs citoyens (p. 528) :

L'enrichissement provoque la naissance de sentiments asociaux: les pauvres envient les riches (...) et les riches, pour s'assurer des appuis, se livrent à des largitionnes : la puissance sociale* finit par être fondée sur la corruption des pauvres par les riches (...)

Grimal relie Horace à Épicure et ses disciples pour lesquels


... cette soif de l'argent n'est que l'effet d'une passion plus profonde, la crainte de la mort. Amasser de l'argent, c'est essayer d'échapper à la condition des autres, se sauver seul. Et cela entraîne pour la cité des conséquences dramatiques : la cupiditas, l'avaritia, est ainsi une véritable force de dissociation dans la cité ; elle entraîne l'abandon des disciplines nécessaires, du respect des lois divines et humaines, etc.


Peur de la mort, désir insatiable d'accumuler de l'argent pour l'éloigner (du moins apparemment) dans les soins esthétiques, recherche de la réussite individuelle à tout prix, même aux dépens des autres et de leur santé et de leur vie même (et opposition féroce à des lois de protection sociale), confiance mise dans la possession personnelle d'armes à feu plutôt que dans l'application juste de la loi, compétition sanglante plutôt que collaboration, etc. : est-ce que l'on ne reconnaît pas là l'idéologie «conquête de l'Ouest» des États-Unis (et, à un moindre titre, de la soi-disant « Grande-Bretagne ») et des pays d'autres traditions qui veulent maintenant les imiter** ?

Horace dont les vers décrivent
d'avance ce qui perdra l'idéologie capitaliste

*et j'ajouterais: puissance politique internationale.
**
en mettant fin aux régimes de protection sociale patiemment édifiés depuis des décennies ou en les «estropiant» par exemple.

vendredi 22 mai 2009

Température du 22 mai 2009 à Saguenay

Matin---------------------------------------Après-midi

Scène de la vie de province II: le respect de la minorité

Le maire de ma ville (Saguenay), le petit maire notaire qui aime la prière, définissait la démocratie comme le gouvernement de la majorité. 
Point.
À l'occasion du projet d'une salle de spectacle, où le choix se faisait entre la rénovation d'une vieille salle à l'intérieur du CEGEP de Chicoutimi (choix réactionnaire du moins cher) et la construction d'une nouvelle salle (adaptée aux nécessités de l'acoustique moderne et choix le plus ouvert sur l'avenir ... et le plus cher), et où le choix du maire était pour le moins cher (c'est un devoir de maire croit-il peut-être), une minorité active de citoyens engagés dans la vie culturelle a réussi à s'opposer (pour le moment) au choix du maire grâce à 2200 signatures environ (alors qu'il en fallait 1900 environ).
Peut-on espérer une salle qui soit aussi d'une architecture audacieuse qui mettrait Saguenay sur la carte du Québec aujourd'hui et peut-être, demain, sur la carte du monde ... et attirerait le tourisme (obsession de tout maire) ?
Le maire changera-t-il sa définition incongrue (pour un notaire) de la démocratie ?
La démocratie n'est-elle pas le gouvernement de la majorité qui respecte les minorités plutôt que le gouvernement de la majorité seulement ?
Et si la démocratie était le gouvernement des minorités informées et actives plutôt que celui de la majorité spongieuse et prête à suivre le premier populiste venu (quand ce n'est pas le premier fasciste venu) ?

Voilà les questions qu'un mouvement démocratique dans une lointaine province pose au monde*.

* Mon ton est-il assez Comité de Salut public ? Il faut dire que, parfois,  très souvent plutôt hélas !, j'ai moi aussi des pulsions de guillotine, sinon pire.