lundi 31 mars 2008

Sarabande, Barry Lyndon et moi

Voici la Sarabande en do majeur de Georges Frédéric Haendel (à droite) dont un arrangement a servi de thème au film Barry Lyndon de Stanley Kubrick (à gauche en bas) tourné en 1975. Certains de mes amis m'ont assuré à l'époque que, par le caractère (pas par l'apparence, voyez Ryan O'Neal à gauche en haut), je ressemblais au personnage principal du film. Je ne sais pas encore pourquoi mais qui est capable de se connaître soi-même s'il n'a pas les yeux d'un autre pour y étudier son reflet (et surtout si, au lieu des yeux, il regarde ce reflet)?
Quoi qu'il en soit je vous présente la Sarabande. À vous de deviner en quoi je ressemble à Barry Lyndon.



Et voici le thème du film:

Coventry, Desde, loi du talion

Il y a une rue de Coventry près de chez moi, vous allez bientôt savoir pourquoi.
Je viens d'apprendre que c'est à Coventry, en Angleterre, qu'on fabrique les Jaguars car Ford vient de vendre cette compagnie à Tata, la compagnie indienne.
Ford avait jadis acheté Jaguar comme on se paie une maîtresse coûteuse (ou un amant coûteux, ne soyons pas sexiste), pour en tirer du prestige ( ? ).
La rue de Coventry ne doit pas son nom à cela même si d'autres noms de rue d'Arvida doivent leur nom à des motifs aussi vulgaires que de rappeler le nom d'un président de compagnie étasunien (Davis, Mellon, etc.)
La rue s'appelle « de Coventry » parce que les Allemands avaient quasi rasé cette ville durant la dernière Grande Guerre (peut-être y fabriquait-on des moteurs de Spitfire dans les usines Jaguar). Arvida appuyait fortement les Alliés, surtout les Anglais, pendant cette guerre.
Les Anglais et autres Alliés se sont vengés en rasant Dresde mais aucune rue d'Arvida ne s'appelle « rue de Dresde »: la destruction de Dresde était pourtant plus regrettable que celle de Coventry -qui était elle-même inexcusable.

Mais les Anglais appliquaient la loi du talion, comme les Israéliens l'appliquent aujourd'hui car c'est ce que la Bible leur enjoint de faire.
Cette loi est inique même si on l'attribue à Yahvé.
Reste que le spectacle de la cathédrale gothique Saint-Michel de
Coventry rasée presque jusqu'au sol est d'une infinie tristesse.
J'imagine que les ruines de Dresde seraient (étaient ?) également d'une infinie tristesse.
Il y a une cathédrale moderne à côté. Et un très bel archange saint Michel , en train de vaincre un très beau Satan

Je ne sais pas si ce combat a quelque chose à voir avec les bombardements de Coventry et de Dresde.
Sans doute.
Les voici, ils sont de Jacob Epstein :


Et voici « Les Litanies de Satan », tirées des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire qui n'ont presque rien à voir mais que je vous présente parce que je les aime bien -peut-être parce que la haine de Dieu envers Satan -qu'il a lui-même créé, car s'il existe il a tout créé même le mal, même le dieu du mal- cette haine me semble aussi injuste que le bombardement de Coventry et le bombardement-vengeance de Dresde.
Après avoir lu ces litanies vous comprendrez un peu mieux pourquoi, jusqu'en 1960, les évêques du Québec désiraient que Les Fleurs du Mal soient reléguées dans l'« enfer » des bibliothèques et ne soient lues par personne :

Les Litanies de Satan

Ô toi, le plus savant et le plus beau des Anges,
Dieu trahi par le sort et privé de louanges,

 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Ô Prince de l’exil, à qui l’on a fait tort, 
Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort,
 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines,
Aimable médecin des angoisses humaines,

 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Qui même aux parias, ces animaux maudits, 
Enseignes par l’amour le goût du Paradis,
 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Ô toi, qui de la Mort, ta vieille et forte amante,
Engendras l’Espérance, — une folle charmante !

 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Toi qui peux octroyer ce regard calme et haut 
Qui damne tout un peuple autour d’un échafaud,
 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Toi qui sais en quels coins des terres envieuses
Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses,

 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Toi dont l’œil clair connaît les secrets arsenaux 
Où dort enseveli le peuple des métaux,
 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !


Toi dont la large main cache les précipices
Au somnambule errant au bord des édifices,

 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Toi qui frottes de baume et d’huile les vieux os 
De l’ivrogne attardé foulé par les chevaux,
 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Toi qui, pour consoler l’homme frêle qui souffre,
Nous appris à mêler le salpêtre et le soufre,

 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Toi qui mets ton paraphe, ô complice subtil, 
Sur le front du banquier impitoyable et vil,
 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Toi qui mets dans les yeux et dans le cœur des filles
Le culte de la plaie et l’amour des guenilles !

 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !
 

Bâton des exilés, lampe des inventeurs, 
Confesseur des pendus et des conspirateurs,
 

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !


Père adoptif de ceux qu’en sa noire colère
Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !


Gloire et louage à toi, Satan, dans les hauteurs
Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs
De l’Enfer où, fécond, tu couves le silence !
Fais que mon âme un jour, sous l’Arbre de Science,
Près de toi se repose, à l’heure où sur ton front
Comme un Temple nouveau ses rameaux s’épandront !

dimanche 30 mars 2008

Carménère

Je bois cet après-midi comme apéritif un carménère du Chili (à gauche). Il est de la maison Errazuriz (en bas). Vincent Marrissal (à droite) en a parlé, jeudi à Bazzo.tv.
Je le bois surtout à cause de ce qu'il en dit:
le carménère est un cépage qu'on croyait disparu depuis la crise du phylloxéra en Europe dans la seconde moitié du 19e siècle et au début du 20e.
Ce phylloxéra (c'est un insecte) a presque fait disparaître tous les
cépages européens. La plupart d'entre eux ne survivent aujourd'hui que par le fait qu'ils sont greffés sur des plants américains naturellement résistants à la maladie donnée par cet insecte.
Excepté au Chili où tous les
cépages survivent naturellement car ce pays a été épargné par le phylloxéra.
Je bois donc du vin élaboré à partir d'un survivant, un quasi ressuscité.

J'aime bien les choses et les êtres qui ont fait un pied de nez au destin.

Le vin n'est pas mal mais il n'a peut-être pas rencontré l'éleveur qui l'égalera aux grands bourgognes, bordeaux ou aux grands californies.

samedi 29 mars 2008

Adversité et fautes personnelles

Quand mon médecin m'a appris que mon taux de cholestérol était «limite» et que si je ne réagissais pas elle allait devoir commencer à me donner des médicaments -dont les effets secondaires pouvaient être imprévisibles et parfois gênants-, je me suis précipité vers l'entraînement, que j'avais abandonné pendant quelques années.
Sans doute avais-je en tête cette réflexion d'Oscar Wilde (à droite une acrylique de Bettina Bick):

On peut supporter l'adversité, elle vient de l'extérieur et n'est qu'accidentelle. Tandis que souffrir pour les fautes qu'on a commises - ah ! c'est là que la vie nous blesse.

Je me souviens de m'être dit: «Si je meurs il ne faut pas que ce soit de ma faute».
Cela allait même plus loin que la réflexion de Wilde.
Je suis parvenu à abaisser mon taux de cholestérol et même à le rendre normal.
Mais une faute est si rapidement commise et, en outre, pour certaines d'entre elles, si plaisantes à commettre.
Et la mort est vraiment inévitable. Et douce si elle est sans souffrances.

vendredi 28 mars 2008

Religions et massacres

J'espère qu'au lieu de descendre par millions dans la rue et de réclamer comme des malades la mort des Infidèles (donnant ainsi raison à Geert Wilders, l'auteur du film «Fitna»), les Musulmans vont se cotiser pour donner à l'un ou plusieurs d'entre eux -voire même à des Infidèles- les moyens de tourner plusieurs films.
L'un (ou plusieurs au choix du réalisateur) mettant en relation de nombreuses citations tirées de la Bible (pas de l'Évangile, de la Bible, celle des Juifs et des Chrétiens, en particulier les Protestants) et de nombreux massacres et meurtres effectués au cours de l'histoire par les Chrétiens et, ces années-ci, par les Israéliens (à gauche).
Pensez par exemple à tous les génocides pratiqués sur les premiers habitants de l'Amérique -les Amérindiens- par les Chrétiens espagnols, portugais et anglais* sous prétexte de les convertir à la vraie foi (la leur naturellement).
On peut penser au génocide irlandais, effectué sur des Catholiques au nom du Protestantisme.
L'autre film (ou les autres au choix encore du réalisateur) mettant en relation des enseignements tirés des Évangiles, cette fois, et les agissements des Chrétiens allant à l'encontre de ces enseignements.
Après, une fois ces films projetés devant tous, tous ces humains, -aujourd'hui musulmans, juifs et chrétiens- pourraient s'entendre pour devenir simplement des humains et oublier de se définir comme appartenant à une religion.
Ils pourraient oublier ces livres mensongers présumément inspirés par Dieu.
Et oublier de s'entre-tuer et de s'entre-accuser de crimes dont, de toute façon, ils sont tous coupables à cause de leurs croyances.


* Peut-être pourrait-on aussi évoquer les massacres néerlandais en Indonésie et autres terres de l'empire néerlandais. Les massacres belges au Congo sous Léopold II. On pourrait même évoquer le massacre des Natchez (ci-haut dans un tableau de Delacroix) par les Français en 1731.

Irlande, dignité et mépris

Chose intéressante à Dublin et, je crois, dans toute l'Irlande: la plupart des statues sont au niveau de la rue, sans socle (ou alors un tout petit). Comme si c'était d'autres passants mais immobiles.
Je vous présente celles de James Joyce
(à droite) et d'Oscar Wilde (à gauche) à Dublin, parce que ce sont des écrivains, et celle de Charlie Chaplin (en bas: c'était, comme vous le savez, un cinéaste) à Waterville, à l'extrême ouest de l'Île, où, lors de notre passage, en juillet, la température était de 10º Celsius et le vent d'au moins 100km/h.
La présence de palmiers dans cette ville était pour nous, Québécois, étonnante.

Ces statues de grands hommes ou de gens célèbres placés au niveau des gens ordinaires me semblent une idée touchante en Irlande.

Les habitants de ce pays martyr étaient tant méprisés par les aristocrates britanniques qui les exploitaient et les massacraient depuis cinq ou six siècles qu'il leur fallait réagir ainsi, afin de montrer qu'ils avaient plus de dignité que ne le croyaient leurs séculaires assassins.
Un exemple du mépris aristocratique britannique: le vainqueur de Napoléon à Waterloo, le duc de Wellington (à droite par Goya), né en
Irlande, ne voulait pas que l'on dise qu'il était Irlandais. Il disait (voyez tout le mépris, c'est celui que partageait toute l'Angleterre à l'égard de l'Irlande):

Ce n'est pas parce qu'on est né dans une écurie qu'on est un cheval.

Tant de mépris mêlé à tant d'orgueil! Car implicitement le duc s'égale ici à un dieu qui serait, dit-on, né dans une étable, entre un bœuf et un âne.
Le duc fait l'âne à défaut d'être un cheval.
Car c'est (cette pensée inconsciente), à mon avis, une autre manifestation de cette manie anglo-saxonne (que l'on voit aujourd'hui à l'œuvre aux États-Unis par exemple) de se prendre pour un nouveau sauveur du monde, un nouveau messie.
Mais cela finit parfois par une crucifixion.

mercredi 26 mars 2008

Soixantième et inhibition

Quand ma femme a eu 60 ans (très récemment) elle a écrit dans son blogue qu'elle était devenue «soixantenaire»: ce n'est pas le mot qui convenait et elle m'a donné raison quand je lui en ai fait la remarque.
Un soixantième anniversaire est un soixantenaire. Mais la personne qui a fêté son so
ixantenaire devient, quant à elle, une sexagénaire.
Vous devinez quelle inhibition l'a éloignée du mot «
sexagénaire», même elle, si cultivée et si libérée (elle proteste mais je lui dis que je suis aussi inhibé qu'elle pour les mêmes raisons d'éducation catholique et victorienne).
Le combat continue contre l'Infâme (à droite) et contre l'esprit
victorien (à gauche).
Vous saviez que la reine Victoria trouvait que les pattes de table nues étaient obscènes (même celles des fauteuils dit-on). La prude les a fait revêtir d'une sorte de pantalon unijambe. Il y en avait encore aux pattes de table et de fauteuil chez certains membres de ma famille quand j'étais jeune.

Le fils de Victoria, sous le nom de prince de Galles, (il règnera plus tard sous le nom d'Édouard VII) apparaît quelquefois dans À la recherche du temps perdu, toujours en compagnie d'invraisemblables poules de luxe. Il allait chercher, loin (?) de l'Angleterre de sa mère, ce qui lui manquait. Le voici si vous voulez le voir (pour faire contrepoids aux deux autres):


Bornes et grilles, Europe et Amérique

Voilà une photo très intéressante d'une vieille rue d'Aix-en-Provence (dans le même quartier que la rue des Tanneurs). Elle illustre une différence de civilisation entre l'Europe (du moins l'Europe que je connais, La France , l'Italie, la Grèce, l'Espagne et les îles britanniques),  et l'Amérique (du moins l'Amérique que je connais: le Québec, le Canada et quelques états des États-Unis).
Il y a d'abord ces bornes (ou potelets) antistationnement que vous remarquez, visiteurs nord-américains, sur le bord des trottoirs.
Elles sont plus nombreuses maintenant qu'à l'époque où nous habitions en France. À cette époque, très souvent, la circulation des piétons sur les trottoirs était impossible tellement les voitures garées envahissaient ceux-ci.
Peut-être les fabricants de Smart ont-ils imaginé leur voiture afin qu'on puisse la garer entre ces bornes
.
Habituellement, on n'a pas idée en Amérique du Nord qu'on pourrait se garer sur un trottoir.
Et il y a ensuite ces grilles de sécurité installées à toutes les fenêtres (voire aux portes) du rez-de-chaussée de tous les bâtiments.
Elles démontrent une longue connaissance des instincts humains que nous commençons seulement à apprendre de ce côté-ci de l'Atlantique.

Chine, massacreurs, culture, diaspora

Voici -de deux angles différents- la photo d'un petit sceau chinois. Ce sceau mesure 2 pouces et quart de hauteur (selon le système de mesure majoritairement utilisé en Amérique du Nord, y compris en Amérique française, c'est-à-dire 5,5 cm) et 13/16e de pouce de largeur (2 cm).
Et ce sont des pouces, comme nous disons, nous, Québécois, depuis la fondation de la Nouvelle-France au 17e siècle, et non des inches.
Il y a deux petit chevaux sculptés au sommet qui ont 1 pouce de hauteur (2,4 cm) : il s'agit d'une jument et de son poulain.

Les couleurs sont ainsi : blanc d'un côté, rouge de l'autre.Je trouve ces petits chevaux merveilleux. Comme je l'ai déjà dit, j'ai sans doute hérité de l'amour des chevaux de mon grand-père maternel et de mon père. L'amour des chevaux d'une autre matière.
Ce sceau n'est pas un chef-d'œuvre. C'est le vestige d'un désir de collectionner les sceaux chinois qui m'a pris dans la trentaine et qui m'a quitté.
Mais il me semble représentatif de la civilisation chinoise.
Et cependant ceux qui ont exercé le pouvoir en Chine ont toujours été des massacreurs. Comme ceux d'à présent, qui ne sont qu'une autre dynastie ne différant que par de petits détails négligeables de celles qui l'ont précédée. Eux non plus ne sont pas des artistes ou des artisans.
Cela a commencé par le premier empereur (Qin Shi Huangdi -photo à gauche) si on ne prend pas en considération les Royaumes qui ont précédé l'unification à laquelle a procédé celui-ci.
Et ses successeurs de toutes les dynasties -qu'elles aient été d'origine chinoise ou péri-chinoise (mongole, mandchoue, etc.).
Même la dynastie Song que je préfère aux autres à cause de cet empereur Houei Tsong (transcrit Huizong, photo à droite) -qui écrivait des poèmes, peignait et marquait de son sceau les nombreuses peintures qu'il contemplait (en Chine les spectateurs d'une peinture la marquaient de leur sceau, comme s'ils s'ajoutaient au créateur).

C'est peut-être cette constance des massacres qui explique la hâte avec laquelle d'innombrables Chinois quittent la Chine pour émigrer et former partout en Asie et sur toute la Terre une véritable diaspora. Comme les Juifs qui, pourtant, à ma connaissance, n'ont pas « joui » vraiment de dynasties de massacreurs.
Les Chinois sont plus heureux hors de Chine qu'en Chine et c'est seulement hors de Chine qu'ils peuvent pacifiquement développer leur magnifique civilisation, leur magnifique culture auxquelles, dirait-on, ne participent pas -maintenant moins que dans le passé- leurs dirigeants.
Et qu'ils sculptent ces minuscules merveilles quand ils sont obligés de demeurer en Chine.
Se protégeant comme ils peuvent, par une vie privée cachée -toujours menacée-, de la soif de pouvoir, de tortures et de sang de leurs éternels maîtres. Et créant des miniatures et des petits objets
presque immatériels pour qu'ils échappent aux regards meurtriers.

mardi 25 mars 2008

Œil vert


Cet œil me laisse sans voix. Qu'en dites-vous? Il n'y a pas de mise en abyme, rien qu'un contour vert foncé et des dessins marron doré dans le vert jade que cet œil partage avec les yeux de chat de la note précédente.
Qui dira que nous venons d'ailleurs que de la Terre et que nous ne partageons pas la même substance que toutes les choses qui y existent?
Nous sommes les sœurs et les frères de toutes ces choses et de tous ces êtres.


Et comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres.

Gérard de Nerval

Jade vivant


Voici de nouveaux beaux yeux (j'attends toujours des photographies des vôtres ou d'yeux qui vous semblent valoir ceux que je vous présente), des yeux de chat cette fois, qui me semblent avoir la couleur d'un jade qui serait vivant.

Bob et sa neige

Venu avec son maître, mon ami Gaston, pour l'aider à dégager les entrées de mon garage des amas de neige de la tempête de Pâques, mon ami chien, Bob, était au comble du bonheur.
Personne n'était là pour perdre son temps à l'intérieur, à sortir des sons insignifiants de sa cavité buccale; tout le monde était là pour être dehors, déplacer agréablement la neige avec la souffleuse mais surtout pour jouer à lancer et à attraper la balle ou de la neige et, suprême jouissance, pour se poudrer le museau et la truffe en plongeant dans la neige, la drogue favorite de Bob.

Vous voyez, sur la première photo (en haut) combien il avait hâte, pendant le bref moment où il avait consenti à entrer à l'intérieur de ma maison, de couper court aux préparatifs du jeu de balle.
Sur la deuxième (ci-contre) vous voyez quel plaisir il a eu à se poudrer la truffe et le museau (et tout le corps d'ailleurs) de cette neige divine qui produit tant d'endorphines dans le cerveau.

lundi 24 mars 2008

Feux de circulation et cassoulet



Mon frère Dominique et sa femme Aline sont de retour d'un séjour d'un mois au Viet-Nam. Nous les avons reçus pour Pâques samedi soir dernier (pour nous c'était samedi soir, pour eux, de retour depuis la veille, c'était plutôt aux petites heures du matin le surlendemain) en même temps que mon beau-père, mon fils Fabrice et sa conjointe Cindy.
Au menu (pour ramener vigoureusement ma belle-sœur et mon frère à la cuisine occidentale) du cassoulet Pachon (plutôt de Castelnaudary que de Toulouse, malgré l'origine du chef: il y a une photo à droite -et ma femme me dit que c'est du cassoulet de Carcassonne). Et des vins divers dont je reparlerai peut-être ultérieurement.

Un peu endormi, mon frère m'a parlé de la circulation infernale de Saïgon (le nom officiel est Hô-Chi-Minh-Ville depuis la fin de la guerre du Viet-Nam mais tout le monde l'appelle encore Saïgon), du bourdonnements fous des motos et des vespas.
Cela m'a rappelé l'Italie et la manière dont les feux de circulation sont considérés dans les différentes régions de ce pays (il piu bello). Vous savez sûrement cela mais permettez-moi de vous le rappeler car cela fait toujours sourire.
À Milan, (ci-dessous la Piazza del Duomo, l'une des plus belles places du monde selon moi, avec la cathédrale et la « galeria ») au nord, les feux de circulation sont impératifs. À Rome, au centre, ils sont facultatifs. À Naples, au sud, ils sont décoratifs.

Notre désir est plus fort que nous

Pour enfoncer encore le clou de la note précédente à propos du désir, voici ce que j'apprends tantôt de celui de René Descartes (à droite son portrait par Franz Hals), philosophe de la raison et qui a donné son nom à ce qu'on a appelé après lui le «cartésianisme».
Il est connu par son Cogito ergo sum («je pense donc je suis») que l'on sert à toutes les sauces (voir ci-dessous un dessin qui jette une pierre dans mon jardin).
Descartes donc raconte dans sa correspondance qu'il a toujours été passionnément attiré par les femmes qui louchent et il croit découvrir l'origine de cette attirance, qui l'étonne et ne lui semble pas raisonnable, dans le fait que dans son enfance il avait beaucoup aimé une jeune fille aux yeux qui louchaient.
Légèrement j'espère (mais ce qui me fait écrire cela c'est la structure de mon propre désir qui fait que je ne pourrais pas être attiré par une jeune fille qui loucherait beaucoup: c'est plus fort que moi. Mais peut-être le serais-je dans certaines circonstances, on ne peut jurer de rien).
Cela avait marqué son désir pour le reste de sa vie.

Comment mieux exprimer l'indépendance de notre désir par rapport à notre raison, par rapport à notre cœur et par rapport à l'opinion.
Quelle rencontre ou quel événement oublié a ainsi marqué le nôtre -qui nous étonne tant parfois et nous semble totalement étranger à ce que nous croyons être?
Pourtant, cet étranger, certains pensent qu'il est davantage nous que nous-même.

dimanche 23 mars 2008

Cœur et c...

Une réplique qu'Henri Jeanson (à droite) met dans la bouche d'Arletty (à gauche) en 1945 dans laquelle on retrouve la si scandaleuse polyvalence du désir -incontournable hélas comme nous l'avons tous constaté:

Mon cœur est français, mon cul est international.

Réplique doublement scandaleuse -et qui acquiert ainsi un sceau de vérité- quand on sait qu'à la Libération (quelques temps seulement avant que
Jeanson lui fasse dire cette réplique) Arletty avait été accusée d'avoir eu des relations non patriotiques avec des soldats de l'armée allemande pendant l'Occupation.

samedi 22 mars 2008

Montagne Sainte-Victoire, Art, Vie

Cette photo représente la Montagne Sainte-Victoire telle que nous pouvions l'apercevoir de notre appartement du 4 avenue Victor-Hugo à Aix-en-Provence (remarquez la ressemblance entre les noms Victor et Victoire).
Au premier plan, sur la mer des toits comme je l'ai déjà dit, la flèche de l'église Saint-Jean de Malte.
Cette montagne nous ne l'aurions peut-être pas vue comme nous l'avons vue, ni cherché à la voir comme nous l'avons fait si nous ne l'avions pas connue par les tableaux de Cézanne qui en avait fait un des objets privilégiés de sa peinture. Comme dans ce tableau de lui:

Car ainsi que l'écrivait Oscar Wilde:

La Vie imite l'Art beaucoup plus que l'Art n'imite la Vie.

Il ajoute:

[O]n ne voit une chose que lorsqu'on en voit la beauté. C'est alors seulement qu'elle naît à l'existence [...]. De nos jours (il parle de la fin du 19e siècle à Londres), les gens voient les brouillards [...] parce que peintres et poètes leur (en) ont appris le charme mystérieux.

Cette montagne, par la fenêtre de notre appartement, chaque jour nous pouvions la voir, elle existait à nos yeux. Parce que
Cézanne,(à gauche en 1861, en photo; à droite en autoportrait en 1875) dans ses tableaux, l'avait transformée pour nous en réalité. Par son art il avait créé pour nous un objet qui, sans lui, n'aurait pas existé à nos yeux, et aux yeux de beaucoup d'autres.
Ou alors cet objet n'aurait existé que d'une existence diminuée: l'existence d'une montagne parmi d'autres, pas plus intéressante qu'une autre, négligeable.
Pour vous, visiteurs, parce que je vous l'ai présentée ici, que je l'ai mise en relation avec l'art de
Cézanne, elle existera dorénavant d'une manière différente si vous la connaissiez déjà, et elle existera vraiment même si vous ne l'avez jamais vue.
Et si, un jour, vous la voyez avec vos yeux, elle aura une existence plus saisissante puisque vous l'aurez connue triplement en quelque sorte: par vos yeux, par les miens, par les yeux de
Cézanne.
L'art aura créé de la réalité, plus de réalité.

vendredi 21 mars 2008

Tempête de Pâques

Je suis de culture chrétienne (je souligne culture). Et même de culture catholique romaine. Plus du tout de religion.
Le Vendredi Saint signifie donc quelque chose pour moi: les longues prières où l'on évoquait la passion de Jésus et où alternaient les «flectamus genua» («fléchissons les genoux») et «levate»(«remettez-vous debout), -car tout se passait encore en latin comme dans l'Empire romain quand j'étais jeune-; et les longues heures où il n'y avait rien à faire car tout était fermé -écoles, magasins, administrations publiques.
Et la crucifixion de Jésus.
Je vais évoquer celle-ci par deux photos d'Aix-en-Provence choisies parmi celles que je consulte ces temps-ci car (comme vous l'avez vu) j'ai fait le projet de vous parler de mon séjour d'études dans cette belle ville au début des années soixante-dix.
D'abord la photo d'un chapiteau de colonne roman de la cathédrale d'
Aix où est représentée la crucifixion de Jésus (à gauche en haut: remarquez cette belle pierre blonde qui, pour moi, sera toujours la pierre d'Aix) et la photo d'un champ de lavande de Provence (à droite en bas) pour évoquer la résurrection de la nature, et le printemps qui se laisse attendre cette année au Québec où il tombe à l'heure actuelle une neige abondante (au moins 30 cm) et où le vent violent (100 km/h) transforme cette neige en tempête qu'on verrait mieux à Noël qu'à Pâques.

jeudi 20 mars 2008

Capacité de la démocratie

La partie de l'interview de Boris Cyrulnik que j'ai pu vous présenter dans la note précédente porte sur une (autre) bourde du président français Nicolas Sarkozy (pas de photo, je ne veux pas présenter de photo de cet homme dans mon blogue). De loin, je me demande comment les Français ont pu élire cet homme comme président. Mais ils ont bien élu plusieurs fois Jacques Chirac (pas de photo pour la même raison que tantôt), vous entends-je me répondre.
Et nous, Québécois, nous avons bien élu Jean Charest
(non, pas de photo). Et Les Canadiens ont bien élu (nous les avons un peu aidés dans cette tâche) Stephen Harper (non, pas de photo) et avant lui Paul Martin (non, pas de photo) et avant lui Jean Chrétien (non, pas de photo) Et, surtout, les États-uniens ont bien élu (et réélu) George W. Bush ((non, non, non, pas de photo).
Ce qui m'amène à m'interroger sur la capacité de la démocratie à placer à la direction des affaires je ne dirais pas quelqu'un de compétent, mais quelqu'un qui soit autre chose qu'un produit de la mercatique (mot québécois pour «marketing», lui-même provenant du mot français médiéval «market» ou «marchiet»), un produit vide, un produit «pur» de cette mercatique.
Une loterie où le président ou le premier ministre serait élu par le hasard donnerait au moins d'aussi bons résultats, je pense.
Quoi qu'il en soit la situation me semble peu à peu se rapprocher de celle qui existait quand les souverains, -au pouvoir grâce à la loterie de l'hérédité-, par incapacité effective d'exercer le pouvoir ou par manque d'intérêt (voir les portraits des deux premiers Hanovre d'Angleterre -les anciens cons me semblent plus respectables que les actuels), ont laissé un de leurs ministres (appelé dorénavant le premier ministre) gouverner à leur place.
Les premiers ministres et les présidents actuels (je pense particulièrement à
Bush) laissent gouverner leurs conseillers à leur place, à cause de leur incapacité ou leur manque d'intelligence personnelle. Ce seront bientôt ces conseillers qui seront au premier plan. S'ils sont plus intelligents que leur «maître» ce sera aussi bien. S'ils ne le sont pas (comme les conseillers de Bush -Rumsfeld, Cheney,Wolfowitz, etc.) eh bien il faudra imaginer une loterie pour les mettre en place (encore les élections démocratiques? j'aimerais mieux pas: une loterie, un jeu de hasard, s'il vous plaît).

mercredi 19 mars 2008

Le Corps des hommes

Aujourd'hui je lis une pensée de Denis de Rougemont (à droite), -celle-ci, 
 

La vraie condition de l'homme, c'est de penser avec ses mains

et elle me rappelle ce que disait Boris Cyrulnik, lors de sa dernière entrevue à Bazzo.tv le 27 février dernier, à propos de l'abandon scolaire des adolescents (pas des adolescentes), dont le taux s'accroît dans tout l'Occident.
Selon Boris Cyrulnik ce taux d'abandon des adolescents provient du fait que, dans nos sociétés, il n'y a plus de place pour le corps des hommes.
Jusqu'à présent, disait-il, c'est avec leur corps que la majorité des hommes a apporté sa contribution à la vie des sociétés. La société moderne ne leur permet plus de le faire. Ils se sentent inutiles, et inadéquats devant ce qu'on leur demande d'apprendre dans les salles de classe.
Voire dans les facultés, car la proportion des hommes étudiant à l'université est en baisse constante par rapport à celle des femmes.
Peut-être est-ce là aussi une des causes du taux de suicide plus grand chez les adolescents que chez les adolescentes, et même chez les hommes de tous âges par rapport aux femmes de tous âges.
Car c'est à tout âge que les hommes ont un sentiment d'inutilité et d'inadéquation.
Peut-être conviendrait-il d'examiner encore à la lumière de cette réflexion la différence d'espérance de vie de chacun des deux sexes, toujours au désavantage de l'homme.
Je place ici un extrait de cette entrevue dans laquelle, malheureusement, on ne parle pas de ce sujet, simplement pour vous montrer l'« interviewé » si vous ne le connaissez pas (et l'animatrice -Marie-France Bazzo- pour les visiteurs de l'étranger (ce qui comprend le Canada) qui ne la connaissent sûrement pas s'ils n'ont pas accès à Télé-Québec):




mardi 18 mars 2008

«Cria cuervos», Saura, Mompou


Une des pièces musicales que j'ai placées sur le lecteur mp3 virtuel dans la colonne de droite de ce blogue se présente sous le titre Mompou-Cancons (il y a des contraintes de titre dans la petite fenêtre de ce lecteur).
Elle s'intitule en réalité Cançon i Dansa VI de Federico Mompou (à gauche). Elle a été composée en 1942 et elle apparaît ici parce qu'elle est un des thèmes musicaux du film «Cría Cuervos»(1976) de Carlos Saura, (ci-dessous, à droite) l'un des plus beaux films que j'ai vus dans ma vie (affiche en haut).
Une autre pièce musicale de ce film -appartenant plutôt à la musique populaire qu'à la musique classique- et intitulée Porque te vas sera bientôt ajoutée à cette liste.
Comme tout ce qui me plaît, il s'agit d'une histoire où il est question d'agir sur la réalité -et de la changer- par la force de l'esprit.
La réalité se laisserait créer comme on le réussit dans l'art.
La petite fille qui en est l'héroïne croit qu'elle peut ressusciter sa mère et tuer son père seulement en le désirant: elle ne réussit qu'à moitié car il est impossible hélas de ressusciter.
Voici le film-annonce de ce film:

Plus d'infos sur ce film


Et puis voici une vidéo de « Porque te vas » en attendant la pièce musicale du lecteur mp3 virtuel:

lundi 17 mars 2008

Autres dernières Cènes


Voici deux représentations de la Dernière Cène qui ont fait scandale (c'est la raison pour laquelle je vous les présente car je hais ceux qui se sont scandalisés).
La première ci-dessus comprend 12 femmes et un homme (qui joue le rôle du traître Judas j'imagine). Elle venge les femmes ayant participé à la première «Dernière Cène» et omises par les Évangiles.
La seconde ci-dessous est tirée du film Viridiana de Luis Bunuel: ce sont des mendiants pauvres ivres qui y remplacent Jésus et les apôtres. Ces mendiants ressemblent sans doute davantage aux originaux que les endimanchés et les proprets que l'iconographie chrétienne a utilisés depuis 2000 ans.
Elle a tellement enragé les membres de la Curie vaticane et les dictateurs catholiques assassins comme Francisco Franco qu'elle doit dire la vérité.


La superstition du 13


Vous savez d'où provient la superstition du chiffre 13? L'occasion d'en parler m'est donnée par cette adresse du 21 rue des Tanneurs 13100 Aix-en-Provence que la note précédente porte dans son titre.
Dans cette adresse le 13 du 13100 qui précède
Aix-en-Provence est là parce que le département des Bouches-du-Rhône où se trouve Aix-en-Provence est le treizième département français dans l'ordre alphabétique. S'il y avait eu un tel treizième département en Amérique du Nord, il aurait été considéré comme le quatorzième, rien en Amérique du Nord ne voulant être le treizième de quelque chose. Et il n'y aurait pas eu de treizième département
Ainsi il n'y a pas de treizième étage dans un quelconque bâtiment nord-américain, ni de treizième rangée de sièges dans une salle ou dans un avion, etc.
Mais d'où vient la superstition de ce chiffre?
Eh bien nous sommes dans ce que les Chrétiens appellent la «Semaine sainte» (septimana sancta en latin: vous voyez qu'il y a un chiffre sept caché dans le mot «semaine») et c'est à cause de cette semaine-là que la superstition existe.
Vous connaissez la «Dernière Cène» (Ultima cena en latin: le dernier repas que Jésus a pris avec ses disciples selon les Évangiles -ci-dessus, l'une des nombreuses dernières cènes peintes, celle (1476
) de Ghirlandaio)?
Lors de cette dernière «cène», ils étaient, semble-t-il, treize:
Jésus plus les douze disciples (s'il y avait des femmes elles ne comptaient pas, même pour être mentionnées) et l'un de ces treize est mort dans les pires souffrances.
Le chiffre treize est honni en
Amérique du Nord (et, je crois, dans les pays protestants dont les habitants lisent la Bible et lui accordent leur créance) à cause de la mort de ce treizième convive.
C'est aussi la raison pour laquelle on tente d'éviter d'être treize à table. Et cela partout en Occident je crois.

21, rue des Tanneurs, 13100 Aix-en Provence


J'aime bien les petits numéros des adresses européennes.
Et pas du tout les énormes numéros -genre 10 005 rue Sherbrooke est, Montréal (Québec)- des adresses nord-américaines.
Celles-ci donnent l'impression (mais ce n'est pas une impression, c'est la réalité) de muscles gonflés
aux hormones, de seins chirurgicaux à la Pamela Anderson. D'un continent d'obèses et de gros organes, si vous me permettez la vulgarité.
Tout fonctionne comme si tout devait s'accorder: les tailles , les poids, les distances, les numéros, etc.
J'aime mieux les distances, les tailles, les poids et les numéros européens.

Nous avons habité successivement dans deux appartements à Aix-en-Provence.
Le premier était au 21 rue des Tanneurs (en haut à gauche, sous le «A» de la bulle), et le deuxième au 4 avenue Victor-Hugo. De gentilles petites adresses, n'est-ce pas?
L'appartement de la rue des Tanneurs (à gauche ci-bas 2 photos de la rue
et, à droite, sous la photo du clocher, 1 photo de la Place des Tanneurs où la rue aboutit) était au quatrième (à la française, c'est-à-dire que le rez-de-chaussée n'est pas un étage) sans ascenseur.
Il était sur le toit du 21 (du côté droit sur les photos) et au-dessus des autres toits. Il était long et étroit et ses parois consistaient en fenêtres: l'habitat était situé entre deux rangées de fenêtres.

Quelle vue magnifique mais la température qui y régnait en hiver, surtout quand le mistral soufflait, était insupportable: nous devions aller nous réchauffer dehors, sur une terrasse du Cours Mirabeau, tout près.
Le clocher octogonal de la cathédrale Saint-Sauveur (à droite) au-dessus de la mer des toits de tuiles orange était le plus bel
élément de la vue que nous avions par les fenêtres de droite.






À
gauche, encore la mer des tuiles des toits (un échantillon ci-dessous), vers le Cours Sextius. Ce Sextius est le consul romain qui fonda (en 123 avant Jésus-Christ) la ville d'Aix et lui donna son nom Aquae Sextii (les eaux de Sextius) -dont provient «Aix»- à cause des eaux chaudes qui y coulaient.
Je parlerai dans une autre note du 4 avenue Victor-Hugo.